jeudi 20 mars 2014

Cnim ou le « Mittelstand » made in France

Issue des chantiers navals varois, cette ETI s'est spécialisée dans les centrales thermiques et les grands projets innovants. Aujourd'hui, son défi est d'exporter davantage son savoir-faire.



On peut plonger ses racines dans les chantiers navals du XIXe siècle et fournir en plaques radiales le chantier d'Iter. On peut encore produire en France et exporter des usines d'incinération ou des chaudières industrielles à Turin, Copenhague ou Bakou. On peut être une entreprise de moins de 3.000 salariés et remporter des appels d'offres sur des technologies de pointe face à des géants multinationaux. S'il fallait trouver un équivalent français aux entreprises du fameux « Mittelstand » allemand - des groupes familiaux, indépendants, de taille moyenne et misant sur l'innovation -, qui nous fascine tant, Cnim pourrait faire figure de prétendant sérieux, aux côtés de quelques autres comme Poujoulat, Gorgé, Haber ou Faiveley. Le groupe est pourtant quasiment inconnu du grand public - les seuls objets portant le logo Cnim qu'un Français normal est susceptible de croiser sont certains escaliers mécaniques du métro parisien, une activité dont le groupe s'est séparé en 2010.

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Source : Les Echos, 20/02/14

samedi 15 février 2014

L’activité et l’investissement repartent en France

La croissance a atteint 0,3% au quatrième trimestre, et 0,3 % en 2013. L’objectif du gouvernement d’une progression de 0,9% du PIB cette année est jugée crédible.


La croissance du PIB français s’est élevée à 0,3% l’an passé. - AFP

Enfin une bonne nouvelle économique ! La croissance du PIB français s’est élevée à 0,3% l’an passé, un chiffre légèrement supérieur aux attentes de l’Insee et du gouvernement, après une année 2012 très difficile. Alors que la richesse de l’Allemagne a crû de seulement 0,4% en 2013, que l’Italie a vu son PIB reculer de 1,9% et les Pays-Bas, de 0,8%, la France n’a donc pas été distancée par ses voisins. Mieux, l’Hexagone a retrouvé son niveau de richesse d’avant crise, c’est-à-dire du premier trimestre 2007. Tout un symbole. François Hollande a d’ailleurs salué « la confiance retrouvée par les acteurs économiques » en France, selon la porte-parole du gouvernement Najat Vallaud-Belkacem, à la sortie du Conseil des ministres ce vendredi.

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« Il ne faut pas s’emballer »

D’autant que la croissance sur les trois derniers mois de l’année a été soutenue notamment par l’investissement des entreprises. « Après sept trimestres consécutifs de baisse, l’investissement des entreprises est reparti à la hausse », se félicite Cédric Audenis chef du département conjoncture de l’Insee. Le rebond est notable puisqu’il atteint 0,9 % au quatrième trimestre. Mais « il ne faut pas s’emballer. L’investissement des entreprises a progressé entre autre grâce à l’anticipation du durcissement des normes antipollution sur les camions neufs intervenu au 1er janvier 2014. La reprise de l’investissement serait modérée sur l’année en cours », poursuit l’économiste.

Quant à la consommation, elle a aussi largement progressé au quatrième trimestre(+0,5 %) mais, là encore, il s’agit d’effets temporaires. L’anticipation de la hausse du taux intermédiaire de TVA, le déblocage de l’épargne salariale et la hausse du malus écologique dans l’automobile au 1er janvier 2014 expliquent cette hausse. « La demande va probablement moins progresser au cours des prochains trimestres », préviennent les économistes d’Exane BNP Paribas. « Il y aura un contrecoup au cours des deux premiers trimestres de cette année. Car si on attend une stabilisation de l’emploi, on le ne voit pas repartir franchement. Et les salaires réels, eux, devraient ralentir», abonde Cédric Audenis.
Les exportations, « seul moteur vraiment dynamique»

Restent les exportations, en hausse de 1,2 %. « C’est le seul moteur vraiment dynamique», selon l’expert de l’Insee. «La demande adressée à la France va croître et, si les entreprises françaises n’en capteront pas 100%, elles ont montré ces derniers trimestres qu’elles étaient capables d’y répondre », poursuit-il.

« La France a bien pris le train de la reprise même si c’est sans grand élan », résume Hélène Baudchon de BNP Paribas. Pour 2014, l’acquis de croissance s’élève désormais à 0,3%. Ce qui fait dire aux économistes d’Exane BNP Paribas que « l’objectif du gouvernement d’une croissance de 0,9 % cette année paraît désormais facile à atteindre ». En effet, il suffirait que la croissance du PIB atteigne 0,2% seulement par trimestre au cours de l’année 2014 pour que la richesse nationale produite grimpe autant que le gouvernement l’espère.
Un vent d’optimisme modéré

Cela ne semble pas impossible puisque l’Allemagne, premier partenaire commercial de la France, devrait voir son PIB progresser de 1,8 % cette année. Dans la zone euro, la croissance est repartie au quatrième trimestre. «Sur le Vieux Continent, la reprise est plus robuste qu’elle ne paraissait jusqu’à présent », constate Jean-Christophe Caffet, de Natixis. « Le redémarrage des échanges internationaux devrait permettre au commerce extérieur français, dans un contexte de demande intérieure toujours faible, de contribuer pour près de 40% au chiffre de croissance de 2014 », estime l’économiste.

Certes, les problèmes de l’Hexagone - fort taux de chômage, déficit public et commercial élevés - ne seront pas réglés cette année, ni le manque de coordination des politiques économiques en zone euro. Mais un vent d’optimisme modéré semble souffler sur la France. Et cela ne s’était pas vu depuis mi-2012.

Source : Les Echos, 15/02/14

vendredi 14 février 2014

Inde: l'écologie industrielle prend corps avec les déchets électroniques

En Inde, une loi de mai 2012 sur les déchets électroniques a rendu les fabricants responsables de leurs produits jusqu'à la fin de vie. Stimulés par ce contexte légal, des projets d'écologie industrielle sont en train de voir le jour. Le principal défi reste de prendre en compte un secteur informel omniprésent.


« Nous voyons un potentiel énorme en Inde pour des projets d’écologie industrielle », affirme David Rochat, à la tête du développement des activités de Sofies, une société suisse de conseil en environnement spécialisée dans l’écologie industrielle. La raison ? Depuis mai 2012, les entreprises indiennes sont dans l’obligation de recycler leurs déchets électroniques, pendant le processus de fabrication mais aussi en fin de vie des produits. Ces nouvelles règles, les « e-waste rules », s’appliquent aux équipements informatiques et télécom, ainsi qu’aux biens électriques de consommation. Et donnent une nouvelle dimension à la question du recyclage. 

Synergies à trouver avec le bâtiment

Bien sûr, il s’agit d’abord de réutiliser les métaux précieux contenus dans les déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE), comme le cuivre, l’or et l’argent. « Aujourd'hui, les déchets électroniques contiennent des métaux précieux 40 à 50 fois plus riches que ceux extraits du sol, c'est notamment le cas de l'or. Cependant, uniquement 15% de cet or est récupéré.», appuie Olivia Godeluck, directrice de Sofies en Inde. Mais ce n’est pas tout. « Des synergies sont également à trouver avec ce qui ressort des déchets électroniques. Par exemple, la poudre epoxy entre dans la composition de peintures utilisées dans le bâtiment ou peut servir de combustible dans des fours de cimenterie », poursuit la jeune femme installée à Bangalore.

Ces nouveaux projets pourront compter sur des ressources abondantes. Selon un rapport publié en août dernier par l’Assocham, l’association des chambres de commerce indiennes, les mégalopoles du sous-continent sont menacées de se transformer en véritables dépotoirs électroniques. Ainsi la ville de Delhi à elle seule a généré autour de 30 000 tonnes de DEEE en 2013. Le chiffre pourrait monter à 50 000 tonnes en 2015, Bangalore, Bombay et Chennai suivant de près, sans compter les quelques 50 000 tonnes de déchets électroniques illégalement importés dans le pays.

90% des déchets collectés par le secteur informel

En Inde, le recyclage passe par trois étapes assurées par des agents différents : la collecte, le tri, puis le recyclage proprement dit. La particularité du processus réside dans le poids très fort de l’économie informelle, notamment lors des deux premières étapes. « On estime que 90% des déchets sont collectés par le secteur informel », indique ainsi Olivia Godeluck. Pourtant, les « pollution boards », ces autorités régionales chargées du contrôle de la pollution, publient des listes de recycleurs agréés. Le problème, c’est que les coûts de fonctionnement de ces professionnels, bien supérieurs à ceux du secteur informel, ne leur permettent pas de racheter les déchets à un prix aussi élevé que leurs concurrents. « Du coup, les recycleurs officiels se plaignent de n’avoir pas assez de matière à traiter », complète la consultante en environnement.

La société suisse voudrait donc permettre aux entreprises de rediriger les déchets collectés par le secteur informel vers des opérateurs de tri agréés, pour revenir à un circuit légal… et plus sécurisé, notamment pour tout ce qui concerne le traitement. « Nous recevons beaucoup de soutien parmi les entreprises que nous avons rencontrées », assure Olivia Godeluck. Le contexte leur est favorable : la consommation de produits électroniques en Inde croît à un rythme soutenu, et le marché devrait être multiplié par 5 d’ici 2020. Les déchets devraient donc augmenter dans les mêmes proportions.

Economie circulaire sans le savoir

Dans les autres domaines en revanche, la situation est fort différente. « Aucune régulation spécifique n’encourage les pratiques de symbiose industrielle en Inde », indique Megha Shenoy, chercheure et consultante indépendante en matière d’écologie industrielle. Cependant, certaines usines ont déjà mis en place, sans le savoir, des pratiques d’économie circulaire. Megha Shenoy, a étudié le cas d’une zone industrielle près de Mysore, dans le sud du pays. « Nous avons trouvé que sur 45 entreprises présentes, 12 étaient déjà liées par des rapports d’écologie industrielle, rapporte-t-elle. Ces résultats sont très encourageants sachant que les entreprises ne font face à aucune obligation légale ». Mais comme toujours, la forte présence du système informel rend difficile toute quantification.

Car le chemin reste encore long avant de populariser l’écologie industrielle : « Pour le moment, les sociétés indiennes la considèrent comme une initiative environnementale sans voir les bénéfices, y compris économiques, qu’elles pourraient en retirer », témoigne Megha Shenoy. Mais pour Olivia Godeluck, la « Companies Bill », la loi votée l’été dernier qui oblige les grandes entreprises indiennes à consacrer 2% de leur bénéfice à des dépenses de RSE, pourrait changer la donne : « Les responsables RSE des grandes entreprises sont très enthousiastes. La ‘Companies Bill’ permet d’aborder l’économie circulaire avec plus de force et de pouvoir réfléchir à de nouveaux projets intéressants ».

BFR, trésorerie et crise économique

Fonds nécessaire au financement du cycle d'exploitation, le besoin en fonds de roulement (BFR) constitue un point de rencontre privilégié entre différentes fonctions de l'entreprise : la production au travers des stocks, l'activité commerciale au travers des comptes clients et les achats au travers des comptes fournisseurs. Dévoreur de trésorerie, le BFR figure rarement comme un investissement à part entière, alors que son montant dépasse bien souvent celui des immobilisations et autres actifs fixes.

Des études, dont celle très récente de PwC, ont rappelé qu'avec un ratio BFR-chiffre d'affaires se situant en moyenne à 20 %, les entreprises françaises sont plus mal loties que leurs homologues américaines (15 %), britanniques (14 %) ou même espagnoles et portugaises (16 %)… Cette moyenne cache des situations très différentes et, dans ce domaine, mieux vaut être une grande entreprise de la distribution qu'une petite société opérant dans le secteur de la production. Résultat d'un rapport de force entre entités aux pouvoirs de négociation très inégaux (vis-à-vis des clients, fournisseurs, etc.), le BFR est une composante cruciale de la compétitivité d'une entreprise. Sa mauvaise gestion, en asséchant la trésorerie, la fragilise dangereusement.

La crise économique détériore la situation des BFR et des trésoreries, et elle aggrave les inégalités déjà flagrantes entre les différentes catégories d'entreprises. D'après la dernière étude d'Altares sur les comportements de paiement des firmes en France et en Europe, plus des deux tiers des entreprises françaises règlent leurs factures au-delà des délais contractuels. Si 37 % des sociétés de moins de 10 salariés règlent leurs factures à temps, seules 9 % des entreprises de plus de 250 salariés respectent les délais. Au niveau européen, c'est l'Allemagne (encore elle…), avec près de 80 % des entreprises respectant leurs délais de paiement, qui affiche les meilleurs résultats, et la traditionnelle coupure entre l'Europe du Nord et l'Europe du Sud se confirme, l'Italie, l'Espagne et le Portugal enregistrant les pourcentages de loin les plus élevés pour les retards de paiement supérieurs à 30 jours. Quand on sait qu'à partir de 30 jours de retard, la probabilité de défaillance est multipliée par environ 6 et qu'une défaillance d'entreprise sur quatre est due à des retards de paiement, on mesure la gravité de la situation.

Rétablir dans nos économies discipline, honnêteté et respect des contrats est un impératif pour éviter une accélération du rythme des dépôts de bilan et ses conséquences désastreuses sur l'emploi. Comme le rappelle le rapport annuel de Winstone Management, la réduction des délais de paiement n'est pas une affaire technique ou légale, c'est une affaire de volonté, de travail et de pouvoir.

Marc Bertonèche

Source : Les Echos, 12/02/14


H&M débarque en Inde

Le magasin va ouvrir un premier magasin en Inde cette année, quatre ans après son grand concurrent Zara. Le mystère demeure quant à la date exacte et la ville choisie.


H&M devrait ouvrir en Inde dans l’année. Son grand concurrent Zara, est installé à New Delhi depuis 2010 - Shutterstock

C’est une année pleine de bonnes résolutions pour H&M : après avoir annoncé en janvier l’ouverture « courant printemps/été » d’un site Internet destiné à la vente en ligne en France, voilà que le géant suédois du prêt-à-porter s’exporte en Inde.

Hennes et Mauritz (H&M) a en effet annoncé mercredi qu’il comptait ouvrir cette année son premier magasin en Inde, essayant de profiter de l’ouverture du pays aux enseignes étrangères. « Nous avons maintenant reçu par écrit la confirmation que nous pouvons ouvrir nos propres boutiques en Inde », a affirmé un porte-parole du groupe. Néanmoins, aucun détail n’a été donné quant à la date ou le lieu d’ouverture de son premier magasin dans le pays. « Comme nous examinons beaucoup de villes et d’emplacements différents, nous ne pouvons pas encore aujourd’hui annoncer où et quand nous ouvrirons le premier magasin », avance l’enseigne.

Une législation qui attire les chaînes occidentales

En avril dernier, l’Inde avait indiqué que H&M avait présenté au gouvernement son projet d’un investissement de 100 millions d’euros, pour ouvrir 50 boutiques. Depuis que le pays a assoupli en 2012 sa législation en autorisant les distributeurs étrangers à y avoir des filiales à 100%, de nombreuses chaînes occidentales se sont penchées sur la troisième économie asiatique, à l’instar de Décathlon . L’Inde « est l’un des pays les plus attrayants au monde aujourd’hui, avec un immense potentiel », a estimé le directeur général, Karl-Johan Persson. Son grand concurrent espagnol Zara , fondé par le père de la « fast fashion » Amancio Ortega et propriété du groupe Inditex, a inauguré un magasin à New Delhi dès 2010.


Comme le reste du secteur, une importante part de la production d’H&M provient du Bangladesh voisin. Les deux leaders de la confection ont d’ailleurs conclu un accord en mai dernier, sur les conditions de sécurité dans les usines fabriquant leurs vêtements, après l’effondrement d’un immeuble survenu le 24 avril au Bangladesh, qui a provoqué la mort de 1.127 personnes.
H&M possède actuellement 3.100 boutiques dans 53 pays. Il doit ouvrir en 2014 également son premier magasin en Australie et dans les Philippines.

Source : Les Echos, 12/02/14

Chômage : enquête sur les chiffres de Pôle emploi. Les coulisses des chiffres de Pôle emploi.



Au sommaire :

Chômage : enquête sur les chiffres de Pôle emploi. Les coulisses des chiffres de Pôle emploi.

C'est un rituel en France depuis les années 60. Les chiffres du chômage sont publiés tous les mois et commentés par les hommes politiques et les journalistes. A l'heure où l'inversion de la courbe, promise par François Hollande, est un enjeu crucial pour le gouvernement, une équipe d'Envoyé Spécial a pu pénétrer dans les coulisses des chiffres de Pôle emploi. Avec les statisticiens du Ministère du travail, 4 jours avant la publication des données, puis avec le ministre Michel Sapin au moment où il en prend connaissance, jusqu'aux rédactions 24 heures plus tard, itinéraire d'une information hautement sensible qui circule sous le plus strict embargo.

Donatien Lemaître a aussi enquêté sur tous ces Français qui ne travaillent pas et qui n'apparaissent pas dans les statistiques de Pôle emploi. Enfin, il a suivi la course aux signatures pour les emplois d'avenir, le dispositif mis en place par le gouvernement pour faire reculer rapidement le nombre de demandeurs d'emplois. Son enquête pose une question : les chiffres mensuels de Pôle emploi reflètent-ils la réalité du chômage en France ?

Reportage visible à partir du repère  30:11

Source : Envoyé spécial, France 2 - 30/01/14



mercredi 12 février 2014

Délais de paiement : explosion des « petits retards »

Les effets de la loi LME de 2008 sont désormais loin : rares sont aujourd’hui les entreprises qui osent facturer des frais de recouvrements ou intérêts de retard.


Quatre ans après, la loi de Modernisation de l’Economie (LME) semble bien loin. De même que ses effets bénéfiques sur les encours clients des entreprises sont largement oubliés. C’est en résumé le constat réalisé par l’Association Française des Credit Managers et Conseils (AFDCC) dans sa 11ème enquête annuelle sur les délais de paiement et les pratiques des entreprises (*).


En 2009, après la mise en œuvre de cette loi, 71 % des entreprises avaient constaté une diminution de leur DSO (Days Sales Outstanding, qui mesure le nombre de jours de crédits clients, c’est-à-dire le chiffre d’affaires facturés, mais non encore encaissé, en nombre de jours de chiffre d’affaires). Depuis, et d’année en d’année, les augmentations se sont empilées. En 2013 ? C’est une année plate, avec une répartition en trois tiers, à égalité sur les accroissements, les diminutions et la stagnation.



Explosion des « petits retards » de paiement

La structure des retards est quant à elle très révélatrice. L’AFDCC constate une explosion des « petits retards » de paiement : la part des retards de plus de 15 jours a été divisée par trois (passant de 17 % en 2012 à seulement 5 % en 2013) mais, deux fois plus d’entreprises constatent des retards compris entre 5 et 9 jours (17 % en 2012 contre 33 % en 2013). « 72 % des entreprises constatent une progression des retards inférieurs à 10 jours », note l’association.



De faux litiges pour rallonger les délais de paiement

Par ailleurs, de plus en plus de sondés ont constaté en 2013 – comme en 2012 et 2011 - une progression des « faux litiges », ces contestations ayant pour seul objectif de rallonger les délais de paiements. Parmi les rares bonnes nouvelles, le secteur public semble meilleur élève que par le passé. « Les délais de paiement publics qui semblent se stabiliser…voire s’améliorer », indique l’AFDCC.


Frais de recouvrement et pénalités de retard peu utilisés

La transposition récente de la Directive Européenne ne semble pas avoir eu d’impact, malgré les bonnes intentions déclarées dans la précédente étude de l’association. Ainsi,les frais de recouvrement (de 40 euros par facture) « semblent n’être considérés que comme une mention supplémentaire sur les factures (prise en compte par 84 % des sondés) », relève l’AFDCC. De fait, 65 % des sondés ne les ont pas intégrés dans leurs relances et, au final, seules 5 % des entreprises les encaissent… alors qu’elles étaient 41 % à déclarer vouloir le faire en 2012.

CONSEILS



Les pénalités de retard semblent davantage séduire : 58 % des entreprises interrogées déclarent les réclamer de manière « systématique ou occasionnelle », ce qui reste largement inférieur aux pratiques de certains pays, notamment d’Europe du Nord (d’autant que 37 % de ces entreprises n’encaissent jamais les pénalités qu’elles facturent). La proportion des entreprises qui ne les réclame jamais a légèrement baissé, passant de 48 % en 2012 à 42 % cette année. La solution ? Rendre les pénalités de retard obligatoires. Quelque 65 % des entreprises interrogées le souhaiterait une évolution législative en ce sens.

Pour 2014 ? 71 % des responsables interrogés sontpessimistes sur l’évolution globale de l’économie française, et sur les délais de paiement. Et la grande majorité des sondés en déduit que le Credit Management continuera de se développer l’an prochain. Les priorités seront la prévention du risque client (44 % ), le recouvrement des créances (31 % ) et la gestion des litiges (13 % ).

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* Visant d’année en année à mieux cerner les modifications de comportement des entreprises face aux évolutions législatives ou économiques majeures, cette enquête a été réalisée entre septembre et octobre 2013 auprès d’un public de 800 entreprises.

Source : Les Echos, 14/01/2014